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Le président du Parti Socialiste Elio di Rupo nous livre son analyse sur Le processus entamé par SMart afin de se transformer en entreprise coopérative.

Le processus entamé par SMart afin de se transformer en entreprise coopérative me réjouit à plus d’un titre.

Le modus operandi, d’abord. Smart a souhaité largement associer ses travailleurs, compris dans un sens large, à la réflexion. Le chantier de transformation de l’association sans but lucratif en coopérative veille à impliquer chacun. Ce faisant, Smart applique des principes essentiels de démocratie économique, trop peu fréquents dans le monde de l’entreprise.

La coopérative en tant que telle, ensuite. Instrument de démocratie par excellence, la coopérative est également une force de mobilisation et un puissant levier de justice sociale.
La coopérative a été conçue et imposée par le mouvement ouvrier au 19e siècle. Depuis lors, cette forme juridique atypique a survécu, connaissant un succès qui s’érodait avec le temps. Pourtant, ces dernières années, nombre d’experts soulignent la pertinence du modèle et la modernité de ses principes.

En réponse aux échecs cuisants du capitalisme et du néolibéralisme, qui prônent la recherche effrénée du profit pour les actionnaires, la coopérative met en avant des valeurs de solidarité, d’égalité, d’équité, de responsabilité et de démocratie.

Elle s’avère en outre particulièrement adaptée aux enjeux du XXIe siècle, au premier rang desquels figurent les défis qu’impose la numérisation. Nous devons saisir toutes les opportunités offertes par le numérique notamment pour ce secteur ô combien important pour nos sociétés qu’est la culture. Si l’émergence de nouveaux supports nécessite une adaptation du secteur culturel, elle peut également constituer un moteur pour la diffusion des œuvres des artistes, futurs membres d’une coopérative SMart. Le numérique permet de toucher des publics qui, précédemment, pouvaient se trouver éloignés des œuvres, de leur création comme de leur diffusion, tout en épargnant parfois des investissements dans des coûteuses infrastructures.

Les principes cardinaux qui fondent l’action des coopératives sont totalement en phase avec ceux qui définissent l’économie collaborative ou participative, au sens où nous l’entendons, c’es-à-dire visant l’intérêt commun. Des nouveaux modes de production émergent et cette économie dite collaborative ou de partage porte en elle les germes d’une alternative au modèle capitaliste. Les nouvelles technologies offrent en effet de nombreuses opportunités pour changer de modèle. Le numérique permet de privilégier l’usage plutôt que la possession, l’accès plutôt que la propriété. C’est un nouveau modèle économique à soutenir. C’est avant tout un combat d’idées à mener et à gagner. La régulation est également un aspect crucial pour l’avenir de cette nouvelle économie, pour le respect du droit du travail et la protection des consommateurs dans un marché numérique européen en pleine construction.

Nous préconisons comme socialistes un autre modèle que celui de la maximalisation du profit et de la répartition inéquitable des fruits du travail. Nous voulons un modèle qui soit avant tout source de progrès pour les travailleurs. Il convient donc de combiner les évolutions technologiques avec nos valeurs de solidarité, de justice, d’égalité et de partage.

Et la coopérative est la structure d’entreprise qui incarne le mieux ce modèle alternatif au modèle capitaliste. Elle permet de mettre en place des initiatives qui privilégient le bien commun, les valeurs d’équité et de solidarité, et une autre organisation du travail, moins hiérarchique, davantage basée sur la participation des travailleurs à l’ensemble des décisions de l’entreprise. C’est la structure d’entreprise la plus pertinente pour encadrer les nouvelles formes d’entreprenariat collaboratif innovant et pour remettre en question le capitalisme individualiste.

C’est aussi un modèle économique qui a fait preuve de son efficacité. Il a globalement mieux résisté à la crise économique et financière de 2008 que le modèle du capitalisme financier. C’est un modèle économique durable, qui produit des emplois peu sujets aux délocalisations et qui réintroduit de la valeur ajoutée dans ses propres investissements.

Transformer SMart en entreprise coopérative au travers du processus de réflexion participative « SMart in progress » présente donc, à la lumière de ces différents éléments, de belles opportunités pour son avenir, pour ses membres et pour le rayonnement et la diversité de l’activité culturelle.

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