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Intervention de Jean-François Herz sur le modèle économique et échanges avec le groupe

Le contenu de sa présentation est inspiré d’un mémoire de fin d’études (Business Model et Entrepreneuriat social - Le défi de l’entrepreneuriat social : comment construire un business model à la fois pérenne et créateur de valeur sociale ? / Mémoire de fin d’études, Rouen Business School - Juliette BROSSARD), en particulier les parties portant sur les business model en entreprise sociale que vous pouvez (re)découvrir en cliquant sur le lien suivant :

http://smartbe.be/wordpress/../media/uploads/2016/01/le_defi_de_l_entrepreneuriat_social1.pdf

Un modèle économique, c’est la manière dont on crée de la valeur. Cette valeur peut être financière ou non-financière (sociale, environnementale, etc.). SMart est une entreprise sociale. Cela implique un modèle économique moins linéaire que pour une entreprise classique.

Un modèle économique, si on se place au niveau de la valeur, c’est trois choses :

  • Quels sont les bénéficiaires et quels sont les produits/services proposés qui offrent de la valeur à ces bénéficiaires/clients et à l’entreprise ?
  • Comment ces produits/services sont-ils délivrés ?
  • Comment s’agencent ces deux premiers éléments pour générer un bénéfice ou un produit ? Dans une entreprise sociale, il faut une cohérence tant au niveau des produits/services proposés qu’au niveau de la manière dont ils sont délivrés, au niveau des valeurs.

Au-delà de ces 3 éléments (les deux premiers et leur agencement) se pose la question de la mesure de l’impact social de l’action menée (sur l’impact social de SMart, lire : Impact social : http://blog.smartbe.be/spip.php?page=document&id_document=7088). Si l’on pose la question de la valeur créée, il faut aussi tenir compte du coût social de son action, ainsi que de ce qui constitue un retour positif au social.

On est dans une équation : la valeur que l’on créée est la valeur sociale, économique et environnementale mais cette création a aussi un coût économique, social et environnemental. D’où l’importance de ce que l’on produit, comment on le produit et comment cela s’articule pour générer un bénéfice, une valeur positive. Il est important de trouver un équilibre : jusqu’où peut-on aller pour que l’entreprise reste viable, quels sont les minima acceptables quant à la manière de faire pour estimer si cela « vaut le coût » de mener son action ? La valeur pose donc la question du sens. De même, si l’on souhaite mener une action qui engendre des « pertes », nous pouvons aussi considérer qu’il ne s’agit pas de « pertes » mais bien d’un investissement dans l’avenir, car nous avons confiance dans le côté bénéfique à terme de cette action pour la société et que cette action fait sens.

Question : dans l’économie sociale, peut-on imaginer de trouver un équilibre sans devoir croître en permanence, est-ce que la croissance reste un but à poursuivre, ou est-ce que l’on peut, une fois que nous avons pu assurer une viabilité en assurant la réponse aux besoins d’un certain nombre, privilégier une stabilisation ?

Il y a deux réponses possibles à cette question :

  • Il est important d’atteindre un volume qui permette d’amortir l’outil informatique et les RH qui sont liés à son maintien et à son développement. A partir de ce point d’équilibre, la réponse devient micro-entrepreneuriale (par exemple, si à partir de 2000 utilisateurs, il est nécessaire d’investir des millions pour que cela tienne le coup, on peut le décider ou alors décider de dupliquer les services et de maintenir des tailles humaines).
  • Donner du volume à nos actions est le but d’une entreprise sociale. Il y a l’envie d’avoir un impact et c’est nécessaire de croître pour cela, pour que l’économie sociale fasse poids. Il s’agit là d’un acte militant, politique. Il y a dans toute croissance certains paliers à franchir, qui engendre d’abord une baisse de rentabilité puis un retour à l’équilibre voire à une forte rentabilité. C’est normal.

Avancées des recherches du sous-groupe de travail sur les chiffres – « datakillers » (Matthieu, Idriss, Benjamin et Marie-Françoise)

Un document de travail nous est présenté oralement par Idriss :

http://smartbe.be/wordpress/../media/uploads/2016/01/Top-des-activit--s.docx

Résumé des échanges suite à la présentation :

  • Il est important de ne pas oublier quand on parle de modèle économique que 80 % du chiffre d’affaires est généré par 20 % des Activités. Il pourrait être nécessaire de bien connaître ces Activités et de suivre leurs évolutions car notre modèle économique en dépend. Lors de notre deuxième réunion de travail, Roger Burton nous avait présenté le profil économique de nos membres, de leurs activités et de leurs clients. Il avait toutefois précisé que l’on pouvait observer une grande stabilité dans ces Activités qui génèrent 80 % de notre chiffre d’affaires. Quoi qu’il en soit, le groupe était d’accord sur l’importance d’assurer un accompagnement et un suivi des Activités afin de pouvoir déceler des changements de comportements ou des évolutions économiques remarquables. Aujourd’hui, chaque Activité fait l’objet d’un accompagnement personnalisé par une équipe de conseillers dédiée, ce qui est déjà une réponse qualitative. Il convient toutefois de veiller à ce que ces conseillers aient les moyens de détecter des changements qui pourraient avoir un impact afin de pouvoir comprendre et réagir, en discussion et par l’accompagnement.
  • Le groupe a insisté sur le fait que SMart devait continuer à répondre aux réalités et aux besoins rencontrés sur le terrain, et sur le fait que ces besoins ne sont pas forcément les mêmes pour une activité émergente que pour une activité qui a déjà atteint un certain niveau. Tout le monde était d’accord qu’il fallait veiller à répondre aux besoins spécifiques de chacun, en ce compris les besoins spécifiques de ces activités économiques d’une certaine importance. Cela peut aboutir à l’évolution des réponses que l’on peut apporter à de nouveaux besoins qui apparaissent. C’est donc bien par l’amélioration de nos services et de notre accompagnement que l’on pourra au mieux assurer la pérennité de notre projet, pour que chacun puisse s’y retrouver. Cette solution a été largement préférée à l’idée de jouer sur le coût de nos services (l’idée de coûts variables pour les services mutualisés a été rejetée lors de la discussion).
  • Il a également été estimé que SMart devrait trouver les moyens de continuer à proposer ses services à ceux qui avaient besoin, pour une raison ou une autre, de créer leur propre structure juridique. Si un utilisateur estime que nos services de gestion de contrats et d’Activités ne suffisent plus à répondre à leurs besoins, nous devons l’accompagner de manière à soit assurer l’évolution de ces deux services pour mieux répondre à ces besoins (en leur donnant suffisamment de souplesse), soit de proposer un nouveau service lui permettant de créer sa propre société tout en continuant à bénéficier des services mutualisés de SMart (outil de gestion informatique, accompagnement, comptabilité et gestion des engagements au nom de la structure propre). SMart devrait élargir sa panoplie de services pour tenir compte de ces situations. Cela permettrait de renforcer par ailleurs son modèle économique en évitant les départs pour de mauvaises raisons. Il faut ici faire le lien avec le groupe de travail sur les services.
  • Il a aussi été jugé nécessaire de mieux communiquer et plus largement sur l’ouverture de notre projet au-delà des métiers de la création car une autre manière de renforcer notre modèle économique consiste bien évidemment à toucher chaque jour un plus grand nombre de personnes dont les besoins sont similaires et pour qui nos réponses peuvent être également adaptées en vue de leur permettre de mener leurs activités. SMart a toujours aider à trouver les solutions les plus adaptées afin de répondre à de nouvelles réalités et il faut qu’elle continue à le faire.
  • Il a été remarqué que nos outils devenaient de plus en plus indispensables pour de nombreuses personnes, dont les activités sont parfois précaires. Il est très important de réfléchir à deux fois avant d’augmenter nos coûts pour éviter de renforcer leur précarité.
  • De manière plus générale, la question s’est posée de savoir s’il était aujourd’hui nécessaire d’augmenter le coût des services mutualisés en vue d’assurer la pérennité de notre projet. Dans ce cadre-là, il a été remarqué qu’il y a déjà eu un certain retour de la croissance, ce qui est fort positif. Mais peut-on expliquer à quoi est dû ce retour de la croissance ? Il est par ailleurs constaté qu’un ensemble de mesures ont été prises en vue d’assurer une plus grande viabilité du projet, ce qui a permis à SMart de revenir à l’équilibre. C’est une très bonne nouvelle. Le groupe était d’avis qu’il ne fallait pas augmenter les coûts des services mutualisés si ce n’était pas nécessaire pour assurer un équilibre d’exploitation. Par ailleurs, s’il devait un jour y avoir une augmentation, il serait souhaitable de pouvoir l’expliquer en toute transparence (le service que l’on vous rend coûte autant, voilà les coûts).

Les services mutualisés (contribution présentée par Thibaut)

http://smartbe.be/wordpress/../media/uploads/2016/02/SIP-note-de-Thibaut.doc

  • Le groupe est d’avis qu’il ne faut pas augmenter le coût des services mutualisés s’il y a pas derrière un/des service(s) supplémentaire(s) qui sont mis en œuvre.
  • Il ressort de la discussion que les utilisations de nos deux services principaux (la gestion de prestation d’une part et la gestion d’Activités d’autre part) peuvent être très variables et correspondre à différentes situations. Que nos outils sont relativement souples quant aux utilisations qui peuvent en être faites par chacun afin qu’ils répondent au mieux à leur situation particulière. Et que c’est une excellente chose. Que les raisons qui poussent à utiliser tantôt l’un ou tantôt l’autre sont fort variables et dépendent de nombreux paramètres difficiles à définir objectivement. Partant, l’idée de distinguer ces deux services par un coût différencié n’est pas souhaitable car elle pourrait engendre des effets pervers. Qu’il est bon que le coût soit uniforme et que chacun puisse utiliser l’un ou l’autre de ces outils selon ses besoins du moment. Et que cela permet de favoriser les utilisations inventives de nos outils, sans qu’il soit question de comparer des tarifs différenciés. Nos services visent à répondre à de nombreuses situations et il est souhaitable de ne pas trop mettre de frontière entre eux (notamment par une différenciation de tarif). Par ailleurs, il est observé qu’une différenciation de tarif pourrait déforcer notre image et être mal comprise (cela créerait de la confusion qui donnerait à penser que tous nos services augmentent).
  • Le plus important, c’est au contraire de veiller à rester attractif et de bien répondre aux besoins. Pour éviter que certains ne partent de SMart, il faut veiller à voir quels sont les besoins qu’ils attendent et auxquels nous n’apportons pas (suffisamment) de réponse à l’heure actuelle. Prendre le problème par ce bout permet de rester dans une réflexion permanente et de faire évoluer les réponses sur le terrain. Il est conclu que ce n’est pas une diminution des coûts qui aidera à retenir les utilisateurs (cette idée est clairement exclue par le groupe) (si cela devait être le cas, cela devra se faire pour tous, comme une manière de redistribuer collectivement une part des marges dégagées s’il y en a).
  • Par contre, l’idée de pouvoir accentuer l’utilisation autonome de nos outils notamment en améliorant l’accès direct aux infos nécessaires à leur utilisation est très positif car cela permet de concentrer le temps d’accompagnement sur les situations particulières de chacun.
  • Il est noté que nous avons déjà certains services comme le leasing de matériel professionnel qui sortent du périmètre des services mutualisés et qui font l’objet d’une tarification particulière au-delà du coût de base.
  • A la question de savoir s’il est opportun d’augmenter le coût des services pour des clients « à risque », il est répondu que c’est une piste à exclure car ceux qui mènent leurs activités ne choisissent pas leurs clients « à risque » et qu’il est nécessaire d’avoir une réponse collective en vue d’aider nos utilisateurs à être moins précarisés par l’effet de mauvais paiements.

Les éléments qui ressortent des autres groupes de travail (contribution de Jean-François Lejeune)

Voici la note de synthèse réalisée par Jean-François :
http://smartbe.be/wordpress/../media/uploads/2016/01/Re--sume---global-SMART-IN-PROGRESS.pdf

Pour rappel, vous pouvez retrouver l’ensemble des comptes rendus de chaque groupe de travail (gouvernance, public, services) sur notre blog :
http://blog.smartbe.be/spip.php?rubrique196

Contributions/Redistributions : suite des discussions sur des recommandations concrètes

La suite des discussions sur ce sujet a été postposée à la réunion du 4 février prochain.

Méthode et suite des travaux du groupe

Il s’agit maintenant de reprendre tout ce qui ressort de nos échanges afin de préparer des recommandations concrètes. Cela permettra de reprendre ces éléments et de les pousser jusqu’à des propositions. Par ailleurs, cela permettra de voir les questions-clés qui n’ont pas encore été suffisamment traitées.

Pour rappel, nous devons remettre ces recommandations par écrit, selon un canevas particulier, avant le 15 mars 2016. Le canevas est le suivant :

  • Quelles sont les questions-clés qui se sont dégagées dans la thématique lors des débats du groupe de travail ?
  • Pour chacune de ces questions, décrivez et développez les clivages et les arguments contradictoires principaux qui ont animé les participants.
  • Le groupe de travail a-t- il pu aboutir à un consensus sur ces questions ? Si oui, et pour chacune des questions, lequel ? A la lumière de quel(s) argument(s) décisif(s) ce consensus a-t-il été rendu possible ? (exemples à l’appui : la lecture de tel ouvrage a été persuasive, telle visite d’expérience a changé le point de vue pratique de certains participants, rencontres, débats particuliers, intervention de tel expert externe, etc.)
  • Pour chacune des questions, et en fonction des conclusions du point 3, quelles sont vos recommandations concrètes quant aux modalités pratiques de fonctionnement du futur SMart ?

Nos prochaines réunions

  • Le 4 février 2016, de 17H30 à 20H30, chez SMart (rue Emile Féron, 70 à 1180 Bruxelles)
  • Le 3 mars 2016, de 17H30 à 20H30.

P.-S.

Partipants présents :

Idriss Romain, Benjamin Stienon, Jean-François Herz, Thibaut Sabbe, Bénédicte Duhaut, Jean-François Lejeune, Jean-Louis Lemaire, Marie-Françoise Wirix, Frédéric Dhooghe, Matthieu Lietaert, Fabienne Mathot et les animateurs : Manu Hermia, Pierre Vreven et Frédéric Gregoir

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