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Le projet NewB – échange avec Bernard Bayot

Le projet NewB vient d’une réflexion née suite à la crise financière de 2008. Cette crise est un évènement majeur au cours duquel trois des quatre grandes banques belges, représentant 80 % du marché, auraient pu tomber en faillite, sans l’intervention financière de l’État belge. Cela aurait pu mener à la catastrophe sans cette intervention, d’autant plus que s’ajoute à la situation individuelle de ces banques le fait que toutes ces banques se prêtent entre elles, ce qui aurait pu mener à une paralysie du point de vue économique. Le coût de ce sauvetage a été immense et a engendré une augmentation du PIB de la Belgique de plus de 10 %. Quelqu’un qui travaillait dans le domaine bancaire/financier se devait dès lors de s’interroger sur une alternative éthique à cette situation. La conclusion ? Il convenait à la fois de mieux réguler mais également d’avoir un bon conducteur au volant, car un bon code de la route ne suffit pas.

Auparavant, en Belgique, la majorité des banques étaient des coopératives (CGER, Crédit Communal, CERA). Mais elles ont été privatisées au cours des années 80. Ce qui fait de la Belgique une exception au niveau de l’Union Européenne, dans laquelle nous avons une moyenne de 21 % des dépôts/prêts qui sont octroyés par des banques coopératives. En Belgique, nous n’en étions nulle part et nous nous sommes dit qu’il fallait inverser la vapeur et que pour ce faire, cela dépendant des particuliers, des citoyens et des associations de la société civile. Il fallait réunir toutes les forces sociales existantes en Belgique : tous les syndicats, toutes les obédiences, au Nord, au Sud, socialistes, chrétiens, toutes les ONG… Cela a été un chemin de croix pendant 2 ans qui nous a permis de réunir 24 organisations sociales assez bien représentatives de la société belge. Ensuite, nous avons fait des études de faisabilité et de marché et notre intuition a été confirmée : entre 20 à 25 % des belges veulent devenir les clients d’une banque comme NewB ! Nous avons fait un business plan qui confirmait la faisabilité du projet et fin 2012, notre Assemblée Générale a décidé que l’on se lançait mais tout en souhaitant tester les choses pour vérifier l’intérêt réel, au-delà des intentions exprimées. Nous avons donc lancé en 2013 une campagne de souscription vers le public, qui était appelé à devenir membre de NewB, en prenant une (ou plusieurs) part(s) de 20 euros dans la coopérative. De fin mars à juin 2013 (100 jours), 10.000 personnes étaient ainsi devenues coopérateurs de NewB. Au final, nous avons pu réunir 41.000 coopérateurs. Nous nous sommes donnés 2 ans pour créer la banque.

Aujourd’hui, NewB c’est 50.000 coopérateurs, 135 organisations sociales. Mais 2 ans après, la banque n’existe pas encore. Pourquoi ? La crise a joué un rôle important car elle a provoqué des taux d’intérêts très bas. Or, une banque se rémunère sur la différence entre le taux des crédits et celui des dépôts, et cette différence est faible aujourd’hui. Par ailleurs, il y a de nouvelles régulations, qui sont une très bonne chose, mais qui ne constituent pas encore un ensemble de règles stables pour notre banque, car tous les détails ne sont pas encore connus. Enfin, il est nécessaire d’avoir plus de capital qu’auparavant, par mesure de prudence afin d’éviter que la crise de 2008 ne se répète. Il est obligatoire d’avoir un capital de 60 millions d’euros au moment du démarrage de l’activité, et de 100 millions d’euros après 1 an d’activité. Nos coopérateurs déclarent leur intention de mettre une partie importante de ce montant, sans que cela n’atteigne les 60 millions. Il est donc nécessaire de trouver des investisseurs institutionnels pour obtenir les fonds supplémentaires. Et cela ne se bouscule pas. Aujourd’hui, il y a seulement une offre faite par une fondation d’un montant de 200.000 euros. Pas d’autres engagements d’investisseurs. Pourquoi ? Le contexte est mauvais. Par ailleurs, le mode de gouvernance coopératif a beaucoup d’avantages, en ce compris pour les investisseurs, mais cela rend tout de même les investisseurs perplexes sur la question de la majorité (le principe 1 homme/femme = 1 voix, indépendamment des montants investis).

Nous avons choisi de respecter pour notre projet les règles et valeurs coopératives. En Belgique, la règlementation de la forme juridique « société coopérative » n’est pas fort contraignante et a eu pour effet de voir se créer de nombreuses sociétés coopératives qui sont très loin de respecter les règles et valeurs coopératives. Nous avons choisi d’adopter dans notre fonctionnement les règles et valeurs coopératives définie par l’alliance coopérative internationale (http://www.entreprises.coop/images/documents/principes_aci_1995.pdf), notamment en n’accordant qu’un dividende maximum de 6 % par an (ce qui constitue une limite un peu difficile à accepter pour les investisseurs) et en adoptant le principe 1 homme/femme = 1 voix (qu’il ait investi dans le Capital à hauteur de 20 euros ou de 20 millions d’euros). Sur ce dernier principe, il faut savoir que les sociétés coopératives agréées par le Conseil National des Coopératives sont autorisées à déroger à ce principe mais il y a toutefois une limite au nombre de voix pour 1 seul coopérateur qui ne peut dépasser 10 % de voix. Nous avons décidé de ne pas adopter cette possibilité et de nous en tenir au principe 1 homme/femme = 1 voix. Pourquoi ? Cela revient à expliquer pourquoi nous avons souhaité faire une banque coopérative. Nous pensons que la politique peut changer les choses. Nous pensons également que l’économie peut changer les choses si certaines valeurs président à l’activité économique :
-  la démocratie économique,
-  l’ancrage local (en Belgique),
-  la séparation stricte des métiers : nous n’exerçons que le métier de base de la banque, qui consiste à recevoir des dépôts et à accorder des crédits, tout en prenant une marge raisonnable au passage, car c’est le métier le plus stable. Une des causes de la crise de 2008, c’est que les banques ont exercé d’autres métiers à risque à côté du métier de base. Le métier d’une banque d’investissement est de faire des investissements risqués en bourse avec l’argent des dépôts, dans l’espoir des dégager des marges plus élevées, mais en augmentant les risques des investissements. La crise de 1929 a amené la séparation stricte des métiers bancaires. Et puis cette séparation a été abrogée et cela a mené à la crise de 2008.
-  Le développement durable : les crédits que nous accordons le sont selon la valeur économique des projets soumis mais nous prenons également en considération l’impact social et environnemental des projets.

Ces 4 principes sont essentiels car c’est justement avec ces valeurs que nous pouvons changer les choses par l’économie. Nous pensons qu’il est important de savoir ce qui est fait de notre argent et d’être transparent sur les utilisations des fonds déposés. Les coopérateurs décident des critères qui vont présider à l’octroi (ou non) des crédits. Ainsi, ils peuvent avoir une influence par leur argent sur la société, ce qui fait de l’investissement citoyen un outil de participation citoyenne.
Nous sommes partis du principe que dans 10/20 ans, les gens qui nous succéderont pourraient ne pas avoir les mêmes valeurs que nous et nous avons donc réfléchi à quels garde-fous nous pouvions mettre en place pour garantir ces valeurs sur le long terme. Par exemple, le principe de la séparation stricte des métiers bancaires a été écrit dans les statuts et il faut une majorité de 80 % des voix dans les 3 collèges pour le modifier.

Notre philosophie étant de dire que l’économique et la finance peuvent être un moyen de choisir le monde dans lequel nous voulons vivre, nous avons voulu la démocratie économique : notre choix est le principe 1 homme/femme = 1 voix (sans exception). Nous souhaitons que la démocratie économique soit créée sur le modèle de la démocratie politique et ne souhaitons donc pas une démocratie « censitaire ».

Cependant, nous avons mis en place 3 collèges dans le fonctionnement de notre Assemblée Générale. Le collège B est le collège par défaut qui reprend le plus grand nombre des coopérateurs. Il y a par ailleurs le collège A qui est constitué des 135 organisations sociales que j’ai évoqué au début de mes explications et le collège B qui est constitué des investisseurs institutionnels, ces deux collèges ayant des objectifs spécifiques. Pourquoi 3 collèges ? Tout le projet de NewB est « en tension permanente » entre des objectifs économiques d’une part et des objectifs sociétaux d’autre part et toutes les décisions se prennent dans cette tension. Il a été souhaité que ces « intérêts », économiques d’une part, sociétaux d’autre part, soient toujours réunis et pour ce faire, nous avons souhaité qu’ils soient « représentés » par des personnes différentes, les unes se concentrant dans leur prise de décision sur la rationalité économique (sur conformité des décisions aux objectifs économiques de rentabilité ou viabilité, les autres se concentrant dans leur prise de décision sur la préservation de l’aspect sociétal du projet (elles s’assurent que les décisions soient conformes aux objectifs sociétaux de la coopérative). Ceci afin d’être sûr que ces deux aspects soient réunis lorsque des décisions sont prises, et si ce n’est pas le cas, la décision ne peut se prendre. Cette tension a été souhaitée au niveau de l’Assemblée Générale et c’est la raison de la constitution de ces collèges.

Donc, pour qu’une décision soit prise par l’Assemblée Générale, il faut non seulement une majorité de tous les coopérateurs mais également une majorité des voix dans le collège « économique » d’une part, mais aussi dans le collège « sociétal » d’autre part. Ce mécanisme ressemble à ce qui existe en Belgique avec la procédure de la « sonnette d’alarme » pour les Communautés linguistiques, permettant à chacune des Communautés linguistiques de s’opposer à une décision si elle menace l’intérêt linguistique d’une des Communautés, même minoritaire en voix.

Comment faire vivre au quotidien une coopérative de 50.000 coopérateurs ?

Deux options sont possibles. L’option d’un vote direct et l’option d’un vote à 2 niveaux, comme c’est le cas dans la démocratie politique (on vote pour des députés qui eux-mêmes votent à leur tour les lois). Nous n’avons pas opté pour cette deuxième option de vote par délégation car il y a un inconvénient majeur : un risque de déconnection entre la base et ceux qui votent.
Nous pensons important d’organiser le mieux possible la participation directe, mais cela nécessite de la technologie, de l’organisation, du temps, … Le vote en ligne par exemple a été prévu dans nos statuts, la loi permet de le faire mais cela demande des développements informatiques que nous n’avons pas encore faits (nous attendons d’avoir des moyens à consacrer à cela).
Ça c’est pour les décisions. Mais comment organiser le débat entre 50.000 personnes ? Débat qui est nécessaire. Si l’on regarde la simple AG, nous avons eu jusqu’à 1200 coopérateurs présents, comment peut-on accorder la parole à tous et engendrer les conditions d’un débat dans ce contexte ?

Au niveau de l’information, chaque coopérateur peut poser une ou plusieurs questions à tout moment par toute voie et une réponse lui est donnée dans les 15 jours. Nous recevons plus de 900 questions chaque année. Non seulement, nous répondons à la personne mais en plus nous publions la question et la réponse (nous avons créé une plateforme intranet à destination de nos coopérateurs où nous diffusons les questions et réponses plus pointues, tandis que les questions et réponses plus larges sont diffusée sur notre site Internet et accessible à tous).

Au niveau de la participation (débats, propositions), l’idée c’est d’avoir dans chaque commune un forum local animé par un coopérateur (« l’ambassadeur ») local, qui se réunit autant de fois que souhaité, selon l’organisation décidée par eux. L’ambassadeur est élu par les membres de la section locale. Cela permet le débat au niveau local sur ce qui concerne le local mais aussi sur les orientations générales et cela permet ainsi de faire remonter l’intelligence collective. Nous avons mis en place également un forum territorial (dans chaque province + Bruxelles + la (future) région de langue allemande) qui regroupe un représentant de chaque section locale. Enfin, il y a un « interforum » composé de tous les forums territoriaux qui rend compte au CA et à l’AG. L’idée derrière tout ceci c’est la possibilité d’un débat et la force de proposition. Au final c’est bien l’AG qui décide et donc l’ensemble des coopérateurs.

Nous souhaitons créer une charte sociétale qui contient les principes qui vont guider nos choix de crédits et la soumettre à l’AG. Nous avons découpé le travail en 40 thématiques. Sur chaque thématique, il y a des coopérateurs, un administrateur, un effort de documentation qui permet à chaque coopérateur qui le souhaite d’approfondir le sujet. Ce groupe prépare les questions qui sont soumises à tous les coopérateurs. Il y a un fort taux de réponse aux questions (jusqu’à 12.000 réponses) et les réponses obtenues sont fort nuancées. Nous avons un comité sociétal élu par l’AG qui a deux fonctions : d’une part récolter tous les souhaits bruts exprimés via ce mécanisme par les coopérateurs et traduire les réponses dans des principes et des critères opérationnels et les insérer dans un projet de charte sociétale proposée au final à l’AG, d’autre part contrôler. Cette fonction de contrôle consiste à vérifier, en permanence, si les valeurs de NewB sont bien respectées dans la maison. C’est l’équivalent, sur le plan sociétal, de ce que fait un commissaire aux comptes/réviseur d’entreprise. Le comité sociétal a accès à toutes les infos utiles à l’exercice de sa fonction de contrôle. Il rend des comptes sur base de son contrôle à l’AG qui vote ou non la décharge des administrateurs sur cette base.

Tous ces mécanismes, certes très positifs, coûtent cher. Est-ce que ces coûts ont été évalués ?

Oui, en effet, cela a un coût.
Cependant, le comité sociétal est constitué de coopérateurs élus par l’AG et ils ne sont pas payés. De même, les administrateurs de NewB exercent leur mandat à titre gratuit. On est ici face à une vraie question, il y a des pour et des contre car ces rôles engendrent du travail et prennent du temps. Est-ce idéal si l’on souhaite une qualité qu’ils soient exercés de manière totalement gratuite ?

Quant au travail de collation des réponses aux questions posées par les coopérateurs, cela a également un coût en temps de travail rémunéré pour l’équipe exécutive de NewB mais d’un autre côté, cela a un effet positif très important car cela amène des idées qui parfois n’auraient pas pu apparaître, ce qui donne un avantage concurrentiel positif. L’intelligence collective engendrée par ces mécanismes engendre constitue selon nous une réelle plus-value.

Quelle est la différence entre NewB et Triodos ?

Nous sommes bien entendu plus proches de Triodos que de Fortis, en particulier au niveau de l’attention portée sur le côté de développement durable des projets auxquels des crédits sont accordés mais aussi du fait que tous les deux nous avons décidé de nous cantonner dans l’exercice du métier de base (dépôt et crédit) et de ne pas procéder à des investissements plus risqués sur le marché/en bourse.
Mais ce n’est pas la même chose :
-  Triodos est une banque néerlandaise et elle utilise beaucoup de l’épargne récoltée auprès des Belges pour son proche marché d’origine (au Pays-Bas). En effet, collecter de l’épargne belge coût moins cher que le faire aux Pays-Bas ou en France par exemple.
-  Nous avons choisi un ancrage local et de limiter notre action sur la Belgique
-  Nous nous distinguons enfin par notre caractère coopératif (1 homme/femme = 1 voix), tandis que Triodos est une SA contrôlée par une « stichting » (fondation dans le droit néerlandais) et a un caractère purement capitalistique. Il y a des actions mais ce sont des actions sans droit de vote (il s’agit de certificats d’actions : des parts de capital sans droit de vote).

Quels sont ou pourraient être les liens entre SMart et NewB ? Quel serait l’intérêt pour NewB d’avoir un partenaire tel que SMart, et vice versa ? Quelles articulations sont-elles possibles entre eux ?

Fonctionner dans une « vraie » coopérative, c’est aussi adhérer à des valeurs et ces valeurs-là font que dans beaucoup de pays, il y a des éléments d’actions communes entre coopératives qui sont encouragées. En Italie par exemple, chaque coopérative est obligée de garder une part de son bénéfice pour soutenir des coopératives « Start up » ou d’autres coopératives. En France et en Espagne, c’est le même esprit, même si cela se fait sur une base volontaire. En Belgique, on est encore très loin du compte comme déjà expliqué car la réglementation a rendu possible la création de nombreuses coopératives qui ne respectent pas les valeurs coopératives. Il y a donc des mises en commun entre coopératives et cela fait qu’elles se renforcent mutuellement ! Il faut que les vraies coopératives fassent plus que ce qu’elles font aujourd’hui. Il faut aller plus loin. A terme, le mouvement coopératif a intérêt à beaucoup plus collaborer. SMart, NewB et toutes les autres doivent créer des liens forts et interactifs. Pour le moment, nous sommes dans une phase d’éclosion des vraies coopératives. Depuis 2/3 ans, on voit de nouvelles initiatives citoyennes et autres se mener sous forme de vraies coopératives. On assiste à un renouveau coopératif, et en Belgique on pressent que cela va continuer à évoluer de façon sensible.

Au niveau du financement

Si on est une coopérative agréée par le Conseil National des Coopératives en Belgique, on a certains avantages pour faire appel à l’épargne citoyenne : la possibilité de faire un appel public à l’épargne sans devoir rédiger un « prospectus », ce qui permet d’économiser les frais d’un processus lourd, long et coûteux, ce qui est un bel avantage (il y a certaines conditions à remplir et certaines limites en terme de montants : 5 millions maximum/an). Par ailleurs, pour celui qui investit dans une telle coopérative, il y a certains avantages fiscaux (sur les dividendes qu’il perçoit en retour).

C’est important car nous sentons qu’il y a une forte demande des citoyens pour que leur épargne puisse servir à financer ce genre de projets qui permettent au citoyen de décider dans quoi sont argent pourra être investi (au moins les critères qui présideront aux choix ou aux exclusions). Cette demande n’est pas suffisamment satisfaite par les banques classiques.

Pour en savoir plus sur NewB : https://www.newb.coop/fr (vous y retrouverez de manière plus précise et complète les explications sur l’histoire, les valeurs et le fonctionnement concret de NewB).

Pour en savoir plus sur Financité : https://www.financite.be/

Discussion sur le travail effectué par le premier sous-groupe sur les données

Le sous-groupe (Matthieu, Idriss, Marie, Benjamin) présente le résultat de ses recherches et réflexions. D’autres informations en cours de construction suivront bientôt. La note qui synthétise leurs réflexions présentées est disponible ici : http://smartbe.be/wordpress/../media/uploads/2015/12/Note-du-sous-groupe-de-travail-des-DATAkillers.doc

Les analyses c’est une chose, c’est nécessaire, mais le plus important c’est de savoir quelles sont les questions à se poser. D’ici quelques jours, nous aurons une idée claire sur la partie comptabilité de SMart et nous vous ferons parvenir le résultat de ces travaux.

Il nous manque encore certaines réponses, par exemple, ce que coûte une facture. Indépendamment de la question de savoir s’il est possible de répondre à cette question, il est important d’expliquer pourquoi nous pensons qu’il est important de se poser la question. Savoir que l’énergie que SMart met à faire des factures correspond à un coût de % du total des coûts liés au projet, en être conscient, est la première étape pour pouvoir prendre des décisions éclairées. De manière plus générale, l’idée est qu’il est bon de pouvoir (s’)expliquer les choses, et mesurer quelle énergie/dépenses sont consacrées à tel ou tel aspect du projet, à tel ou tel services rendu.

Il est toutefois important avant d’aller plus loin dans des analyses de chiffres de d’abord dire quelles sont les valeurs de SMart (par exemple, on sait que les activités de petites importances, d’un point de vue économique, ne sont pas rentables mais SMart a dans les gènes et dans ses valeurs la volonté de pouvoir proposer des réponses aux besoins de tous, indépendamment de cela). Il s’agit de remettre les choses à l’endroit et de dire d’abord où l’on veut aller, pour ensuite, sur cette base, aller plus loin et décliner. Par ailleurs, ce gros travail d’analyse n’a de sens que s’il est complet (et c’est un chantier énorme). Il convient d’éviter que l’on s’y perde, et ce, pour une utilisation finale incertaine.

Si le groupe est d’accord sur ce dernier point, il est quand même remarqué qu’il est bien d’apprendre à mieux se connaître, notamment en étant en mesure d’améliorer notre capacité à décrire, dans les grandes lignes, la quantité de ressources humaines (le temps de travail) et les coûts directs ou indirects que nous dédions à tel ou tel projet mené ou service rendu (chaque service a un coût, quel est ce coût, combien de temps pour faire quoi). Cette ventilation est une information intéressante, même si elle est forcément d’une précision limitée. Une recommandation concrète à faire à SMart pourrait donc être de se donner la capacité de faire sa propre analyse pour se rendre capable à l’avenir, et de manière plus fine, d’expliquer aux gens ce que coûte et rapporte ceci ou cela.

Le groupe est d’avis que l’objectif ne doit pas être d’aller vers des services qui se font à la carte et par option, car le projet SMart c’est d’offrir des services mutualisés à tous. Il est ici fait référence à la tension « constructive » qui existe au cœur du projet de NewB entre les besoins de viabilité (voire de rentabilité) économique et les besoins sociétaux du projet (tension qui a été inscrite au cœur de leur fonctionnement par la mise en place de deux collèges pour représenter chacun l’un de ces intérêts). Il y a un équilibre essentiel à trouver car les deux aspects, économique et sociétal/social, sont importants, dans leur complémentarité. L’idée n’est donc pas de glisser de la mutualisation des services vers plus de services à la carte mais il est toutefois nécessaire de savoir jusqu’où, pour un coût global accepté, SMart est capable d’offrir un panel de services mutualisés à la portée de tous ceux qui en ont besoin. Au-delà de cette capacité, il faut travailler d’une autre manière et avec un coût supplémentaire, le cas échéant.

Avoir des données jusqu’à un certain point, permet d’aller devant une AG SMart et de dire que le modèle économique et la mutualisation ont permis de faire ceci et cela, jusque-là, mais de dire aussi que si nous souhaitons faire ceci ou cela en plus de l’existant, cela a un coût, qui peut soit être considéré comme absorbable dans notre modèle économique mutualisé, soit, si ce n’est pas le cas, de poser la question du « comment on finance ce service ». Nous sommes d’avis que ce genre de discussion est toujours intéressant.

Il s’agit donc de se donner les moyens de vérifier, de manière continue, si les moyens que l’on a, sont bien affectés à la réalisation de notre objet social et ce, de façon proportionnée en vue de remplir les missions que l’on s’est donné.

Au fond, notre travail est de définir un modèle économique et un modèle économique c’est deux choses : un volet « opérationnel » et un volet « valeurs » et il est nécessaire d’articuler ces deux choses dans une architecture.

Discussion sur le travail effectué par le deuxième sous-groupe sur la contribution/redistribution

Notre sous-groupe de travail (Jean-Louis, François, Manon) a travaillé sous forme de brainstorming en vue de vous préparer un ensemble de propositions à discuter.

Nous pensons que SMart se doit de rester dans un modèle redistributif, mutualiste et solidaire. Qu’il s’agit d’une valeur capitale que l’on doit maintenir à tout prix.

Vous retrouverez les propositions faites par le sous-groupe de travail, actualisées suite aux échanges en cours de réunion, ici : http://smartbe.be/wordpress/../media/uploads/2015/12/Note-du-sous-groupe-de-travail-Contribution-Redistribution.docx

Une remarque supplémentaire a été faite par un des participants : concernant la redistribution, il est utile de nous questionner sur notre capacité à faire du résultat positif.

Nous poursuivrons les discussions sur ces propositions au cours de notre prochaine réunion de janvier.

Ressources utiles

Nous vous suggérons la lecture du nouveau dossier rédigé par le SAW-B qui évoque la question du rôle des associations dans la riposte et la résistance au néolibéralisme, avec notamment une interview de Jean-Louis Laville :
http://www.saw-b.be/spip/IMG/pdf/a1512_associationnisme.pdf
http://www.saw-b.be/spip/IMG/pdf/a1513_interview_laville.pdf

Sur notre blog, vous trouverez, outre les comptes rendus des travaux des autres groupes de travail (pour qui et avec qui, quels services, quelle gouvernance), une interview de Matthieu Lietaert, participant à notre groupe de travail : http://blog.smartbe.be/spip.php?article7059

Pour rappel, un nouveau groupe se lance au sein du mouvement Tout Autre Chose et se réunit ce lundi 14 décembre de 18H à 20H au BOTA75, rue du Botanique, 75 à 1210 Bruxelles ! « Un tout autre modèle économique » vise à réunir des citoyens et des associations qui désirent s’informer et débattre autour de modèles économiques alternatifs. On entend « économie » au sens large : entreprises, fiscalité, finance, échanges de biens et de services sous forme monétaire ou non... Ce groupe est ouvert à toutes et à tous ! Cette première rencontre aura deux buts principaux :
- faire connaissance et comprendre les attentes des uns et des autres
- élaborer un plan d’actions-réflexion : que voulons-nous faire ensemble ? Se former ? Découvrir les alternatives économiques existantes ? En trouver d’autres ? Sensibiliser le grand public ? Créer des projets concrets ?

Participants à cette réunion

Jean-François Herz (SAW-B)
Hélène Derwa (conseillère chez SMart)
Manon Ache (musicienne)
Marie-Françoise Wirix (finances chez SMart)
Jean-Louis Lemaire (service donneurs d’ordre chez SMart)
Jean-François Lejeune (ingénieur du son)
François Moens (agence conseil en économie sociale et compagnie théâtrale)
Matthieu Lietaert (cinéma/recherche sciences sociales)
Thibaut Sabbe (conseiller chez SMart)
Idriss Romain (conseil en énergie)
Benjamin Stiénon (production audiovisuelle)
Bernard Bayot (président de NewB et directeur du réseau « Financité ») et Nicolas Wallet (directeur administratif et financier de SMart) comme intervenants
Manu Hermia, Pierre Vreven et Frédéric Gregoir pour animer le groupe de travail

P.-S.

Les dates de nos prochaines réunions de travail ont été fixées :

Le 14 janvier 2016, de 17H30 à 20H30
Le 4 février 2016, de 17H30 à 20H30
Le 3 mars 2016, de 17H30 à 20H30

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